La voix, cet outil du quotidien dans son expression orale.
Au-delà de la parole, exprimer son vécu, son opinion, s’engager, transmettre… sont autant d’autres manières de nous révéler.
Quelles sont les différentes voies empruntables pour se faire entendre ? Et surtout, pour se faire comprendre !
La voix intime, partager son vécu
Nous possédons chacunE des convictions, des valeurs qui nous tiennent à cœur. Elles sont issues de nos expériences, de nos histoires personnelles.
Il est parfois difficile d’oser dire à voix haute ce que l’on pense tout bas. Dans ces cas-là, l’écrire permet d’ouvrir des portes, de faire le premier pas.
L’ouverture peut passer par un courrier, une missive personnelle adressée à la personne concernée, voire à l’institution. Écrire une telle lettre permet d’organiser ses idées. Poser le premier mot libère les autres aussitôt. Lorsque les émotions prennent le dessus, lorsque tout se bouscule, il peut être plus facile de se faire accompagner dans le procédé. Un message écrit peut être lu et relu, pour s’assurer de la compréhension. Il pourra recevoir une réponse écrite à son tour ou provoquer une rencontre. De quelques lignes à quelques pages, déposez votre cœur dans vos messages.
En version plus longue, le processus (auto)biographique, qu’il soit d’une vie entière, d’un événement ou sur une thématique spécifique, vous dévoile plus largement. Prendre le temps de préciser, d’apporter des détails, pour vos proches et/ou pour la postérité. Vous pouvez rédiger directement puis bénéficier de relectures, ou bien raconter de vive voix et confier la rédaction. Que vous l’imprimiez en quelques exemplaires ou en vendiez des milliers, votre lectorat saura qui vous étiez. Il peut être l’occasion de libérer d’un secret trop longtemps gardé ou tout simplement de partager votre vérité.
De la sphère intime à la déclamation, le chemin n’est pas si long.
Être une voix dans l’espace public passe par diverses représentations.
La voix publique, l’opinion et l’implication
En France, la liberté d’expression est inscrite depuis 1789 dans la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, article 11. Ainsi, chacunE est libre de s’exprimer et de s’engager, dans le respect de certaines limites juridiques.
Dans l’espace public, l’implication auprès d’associations, de causes dont nous partageons les valeurs sont autant de moyens d’expression. Ces engagements donnent de la force aux initiatives et augmentent leurs visibilités. Bien souvent bénévoles, mais pas uniquement, les volontaires ressentent une forme d’utilité, avec la sensation de participer positivement à la construction de la société. N’hésitez plus à faire profiter de vos compétences les divers collectifs qui vous entourent. Pour quelques heures ou pour un investissement à plus long terme, les clubs de sport, les activités culturelles, les associations de parents d’école, à visée sociale et environnementale ont besoin de vous !
Une autre manière de faire entendre sa voix publiquement est celle de manifester, de signer des pétitions ou, tout simplement, de voter. D’ailleurs, lors d’élections, les bulletins pour tel ou telle candidatE sont comptabilisés sous forme de voix ! Que ce soient pour des désaccords, afin de demander des évolutions, que vous soyez en petits groupes ou des millions, la démocratie permet à toustes ces citoyenNes de s’exprimer et doit prendre en compte leurs revendications. À ce titre, vous êtes libres d’interpeller les éluEs, et même lea PrésidentE de la République. Le site www.elysee.fr permet en effet d’écrire directement à la plus haute instance étatique ou bien à sa moitié. Un courrier bien rédigé, même bref, peut tout faire basculer. Il est également possible de joindre n’importe quelLE éluE, maire, députéE, sénateurice, etc., afin de lui poser des questions, de demander des comptes sur la politique menée.
Parfois, écrire peut être difficile, fastidieux, voire impossible. C’est là qu’interviennent, notamment, les écrivainEs publicQUEs.
Porter la voix des autres
Fragments d’Hélène de Johanna LUYSSEN
Écrire pour les autres, à la place de, mais toujours en respectant leurs voix, voilà ce qui fait la beauté de ce métier. Les demandes peuvent être directes, par les personnes concernées. L’écrit peut également être requis par unE intermédiaire, comme un présent, une invitation à l’expression.
Il peut arriver d’exprimer des voix tues depuis quelque temps, celles de nos ancêtres, d’unE illustre inconnuE.
À ce sujet, j’ai dévoré le livre Fragments d’Hélène de Johanna LUYSSEN. L’autrice décide de reconstituer la vie d’Hélène, victime d’un féminicide par son mari. Son assassin est un personnage légèrement illustre qui a eu tout le loisir de partager sa version. A contrario, Hélène, elle, est silenciée, effacée. Partant de ce constat, Johanna LUYSSEN plonge dans les archives, interviewe qui de droit et, mot après mot, approche Hélène, personnalité à part entière, au-delà de son statut de victime. Cette démarche m’a profondément touchée, car l’autrice argue que chaque femme a le droit à la parole.
C’est ce droit que je vous invite à saisir.
Prenez votre place. Faites entendre votre voix.